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mon journal suite à jeunea60ans.unblog.fr

Temps du jeudi 19 juillet 1860

julianne #les quatre saisons

..........comme quoi il n'y a rien de nouveau, ni d'anormal, ni de paranormal, ni de "signes d'une fin du monde", .....le fait de mauvais temps en cette année 2013 !

Tiré de "PROMENADES autour D'UN VILLAGE" suivies du JOURNAL de GARGILESSE de GEORGE SANG

Edition "Christian PIROT" - 1984

Jeudi 19

Il fait très froid, temps couvert. On déjeune à 10 heures 1/2 avec l'artiste chevelu Jules Véron qui est très gentil, quoique chevelu. Il décore de fleurs des champs et de guirlandes de feuillage la salle à manger où je l'admets à l'honneur de ma table. Il nous montre ensuite ses études qui sont très jolies. Nous le menons à la maison et il nous reconduit jusqu'au Pin, c'est-à-dire il reconduit Manceau car Maurice et moi nous sommes partis avant. Il fait meilleur à marcher qu'à être en voiture. Nous mettons 4 heures en route, malgré des rosses bien fatiguées et dont une fait souvent la révérence aux pierres du chemin. Armand trouve Gargilesse assez gentil et comme en Auvergne il ramasse des simples. Il est toujours simple lui-même en tant que cocher. Mais nous arrivons sans accidents. Nous dinons, nous grelottons un quart d'heure au jardin. Ces Messieurs montent arranger les chenilles rapportées de Gargilesse. Je reste seule à lire mes lettres et les journaux

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Ce qui est plus étonnant que tout cela, ce que la science ne peut pas nous expliquer, c'est le froid inoui de ce mois de juillet. Nous commençons à savoir les lois qui régissent les astres placés à des distances fabuleuses de notre pauvre petite planète, mais nous ne savons rien des causes de perturbation de notre atmosphère, de ce milieu qui est encore la terre et au sein duquel nous agitons sans pouvoir soumettre nos travaux, notre locomotion, nos projets de tout genre à des prévisions tant soit peu certaines.

Monsieur Badinet ne nous avait-il pas fait espérer un été brûlant ? Le ciel, notre petit ciel relatif, semble se rire de toutes nos grandes observations. Il serait bien temps que la science put être illuminée de quelque soudaine découverte en ce genre, découverte dont les résultats immédiats auraient tant d'influence sur notre destinée. La fourmi qui ne surprend jamais l'orage, la taupe dont les villes souterraines bravent les intempéries de la surface, le rat des champs qui ne manque jamais de faire la provision d'hiver en temps utile, les oiseaux émigrants qui semblent doués d'un sens divinatoire en sauraient-ils plus long que nous à mille égards ?

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George Sand

George Sand

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